Vous venez des pompiers, de l'armée, de la police, ou vous avez déjà un diplôme de la sécurité ? Vous n'avez peut-être pas besoin de tout repasser. Le cadre réglementaire prévoit des équivalences et des dispenses qui raccourcissent le parcours — mais elles sont précises, et il faut ne pas les confondre. Ce guide fait le tri.
test-securite.fr est un site indépendant d'entraînement : il ne délivre ni titre ni équivalence. Pour un cas personnel, l'interlocuteur reste le CNAPS ou votre organisme de formation.
Deux notions à distinguer
Avant tout, deux choses différentes :
- La dispense de formation (équivalence de compétence) : vous êtes reconnu apte à exercer sans repasser une formation, parce qu'un diplôme ou une expérience vaut déjà la compétence.
- La dispense d'autorisation préalable (formalité administrative) : elle concerne l'étape CNAPS avant l'entrée en formation, pas la compétence elle-même.
On peut relever de l'une, de l'autre, ou des deux. Les mélanger conduit à des erreurs de parcours.
Accéder au SSIAP 1 par équivalence
L'article 4 de l'arrêté du 2 mai 2005 liste les qualifications qui permettent d'occuper l'emploi d'agent SSIAP 1 sans la formation initiale complète :
- Sapeurs-pompiers (professionnels ou volontaires, pompiers militaires, marins-pompiers) « hommes du rang » : accès via un module complémentaire (annexe VI).
- Sous-officiers de ces corps titulaires de l'unité de valeur PRV 1 ou AP 1, ou du certificat de prévention du ministère de l'Intérieur.
- Jeunes sapeurs-pompiers titulaires du brevet depuis moins de 3 ans : via le module complémentaire.
- Titulaires du bac professionnel « sécurité-prévention », du BP « agent technique de prévention et de sécurité », du CAP « agent de prévention et de sécurité », ou de la mention complémentaire « sécurité civile et d'entreprise ».
C'est l'une des passerelles les plus utilisées en reconversion depuis les métiers du feu.
Militaires, policiers, gendarmes : l'aptitude reconnue
Le CNAPS reconnaît, par équivalence, l'aptitude professionnelle de certains anciens agents publics — militaires, policiers, gendarmes, en activité ou en réserve — pour exercer dans la sécurité privée sans suivre la formation habituelle. Les modalités dépendent du statut :
- Pour les militaires et agents du ministère des Armées : une attestation de classement délivrée par l'administration d'origine.
- Pour d'autres : la justification de la qualité d'officier ou agent de police judiciaire (OPJ, APJ).
- Pour les réservistes de la garde nationale : des conditions cumulatives (durée de service, jours d'activité, formation spécifique).
Attention : ce n'est pas automatique pour tout le monde — chaque situation s'apprécie au cas par cas auprès du CNAPS.
Diplômes de l'Éducation nationale et VAE
Deux points pour finir :
- Diplômes de l'Éducation nationale : les formations conduisant à un diplôme délivré par l'Éducation nationale (par exemple un bac pro sécurité ou un CAP APS) ne sont pas soumises au régime d'agrément CNAPS applicable aux organismes de formation privés (article L625-1 du Code de la sécurité intérieure). Ces filières scolaires suivent donc une logique propre.
- VAE (validation des acquis de l'expérience) : le TFP APS, étant enregistré au RNCP, est accessible par la VAE — une voie utile si vous avez déjà exercé des fonctions de sécurité sans détenir le titre. (Pour les diplômes SSIAP, la logique dominante reste l'équivalence décrite plus haut plutôt que la VAE.)
Enfin, rappel des passerelles internes SSIAP : le SSIAP 2 suppose le SSIAP 1 et de l'expérience ; le SSIAP 3, un diplôme de niveau 4 ou le SSIAP 2 avec 3 ans d'expérience (voir nos guides SSIAP 1 et TFP APS).
▸ SOURCES
- Arrêté du 2 mai 2005, article 4 — équivalences pour l'emploi de SSIAP 1 — Légifrance (DILA)
- Militaires, policiers, gendarmes (active ou réserve) — reconnaissance de l'aptitude professionnelle — CNAPS — Conseil national des activités privées de sécurité
- Article L625-1 du Code de la sécurité intérieure (diplômes de l'Éducation nationale) — Légifrance (DILA)