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03MÉTIERS

Casier judiciaire et carte de sécurité : ce qui compte

Casier judiciaire et sécurité privée : ce que le CNAPS consulte (bulletin n° 2, enquête) et pourquoi aucune infraction n'est automatiquement éliminatoire.

ÉQUIPE TEST-SECURITE.FRLECTURE 6 MIN

« Peut-on être agent de sécurité avec un casier judiciaire ? » C'est l'une des questions les plus fréquentes — et les plus mal comprises. La réponse n'est ni « oui » ni « non » : elle dépend de ce qui figure au casier, de ce que le CNAPS examine, et de la compatibilité des faits avec le métier. Ce guide explique les règles, sans faux espoirs ni catastrophisme.

Avertissement : test-securite.fr est un site indépendant d'entraînement au QCM. Il n'instruit aucun dossier, ne juge aucune situation et ne donne pas de conseil juridique. Pour un cas personnel, adressez-vous au CNAPS ou à un avocat.

Les trois bulletins du casier : qui voit quoi

Le casier judiciaire se décline en trois bulletins, du plus complet au plus restreint :

  • Le bulletin n° 1 (B1) : le plus complet, réservé aux autorités judiciaires. Ni vous, ni un employeur n'y avez accès.
  • Le bulletin n° 2 (B2) : relevé partiel, délivré uniquement à certaines administrations habilitées — dont le CNAPS pour instruire votre carte professionnelle. Vous ne pouvez pas le demander pour vous-même.
  • Le bulletin n° 3 (B3) : le plus restreint (seulement les condamnations les plus graves). C'est le seul que vous pouvez obtenir vous-même, gratuitement.

Conséquence directe : le CNAPS voit plus que vous. Ce que vous lisez sur votre B3 n'est pas ce que le CNAPS consulte.

Ce que le CNAPS examine vraiment

La condition de moralité est fixée par l'article L612-20 du Code de la sécurité intérieure. Le CNAPS vérifie deux choses :

  • votre bulletin n° 2, pour repérer une condamnation incompatible avec l'exercice des fonctions ;
  • une enquête administrative, qui peut consulter des fichiers de police (traitement d'antécédents judiciaires, fichier des personnes recherchées).

Point essentiel, souvent ignoré : il n'existe aucune liste d'infractions « automatiquement éliminatoires ». La loi parle d'incompatibilité appréciée au cas par cas — selon la nature des faits, leur gravité, leur ancienneté. Deux personnes au parcours différent peuvent donc recevoir des décisions différentes. Une mention au B2 n'entraîne pas un refus mécanique ; à l'inverse, un B3 vierge ne garantit rien, puisque le CNAPS regarde plus large.

Ce qui ne figure pas (ou plus) au bulletin n° 2

Toutes les mentions ne restent pas au B2. L'article 775 du Code de procédure pénale en exclut plusieurs catégories, notamment :

  • la plupart des mesures et condamnations concernant des mineurs ;
  • les contraventions de police ;
  • les condamnations avec sursis devenues non avenues ;
  • les condamnations effacées par la réhabilitation.

Autrement dit, le B2 n'est pas un « casier à vie » figé : certaines mentions en disparaissent avec le temps ou par une décision de justice.

Effacement et réhabilitation

Une condamnation peut être effacée du casier par la réhabilitation, qui existe sous deux formes :

  • la réhabilitation légale, acquise de plein droit après un délai (variable selon la nature et la durée de la peine), si la personne n'est pas de nouveau condamnée pendant ce délai ;
  • la réhabilitation judiciaire, obtenue sur demande auprès de la justice, sous conditions.

Dans les deux cas, la réhabilitation retire la condamnation notamment des bulletins n° 2 et n° 3. Les délais précis dépendent de chaque situation : ne vous fiez pas à un chiffre unique trouvé en ligne, et vérifiez votre cas auprès des services compétents ou d'un avocat.

En cas de refus : garder son sang-froid, agir vite

Si la carte vous est refusée sur le fondement de la moralité, la décision doit être motivée et notifiée — et elle est contestable. Nous détaillons les voies de recours (gracieux, hiérarchique, tribunal administratif, avec un délai de 2 mois) dans notre guide refus de carte CNAPS : moralité et recours.

Le bon réflexe : ne pas rester seul face à la décision, et consulter rapidement — les délais de recours sont courts. En amont, si vous préparez une reconversion, anticipez ce point (voir reconversion dans la sécurité privée). Et pour l'examen lui-même, entraînez-vous sur nos tests.

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